170 après l'abolition de l'esclavage - l'antitsiganisme en héritage
- La voix des Rroms
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Le 20 février 2026, La Voix des Rroms et l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) organisent une journée de mémoire et de réflexion consacrée au 170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage des Rroms. C’est un événement majeur, mais longtemps passé sous silence dans les récits européens. Intitulée « L’antitsiganisme en héritage », cette rencontre rassemblera historiens, diplomates, chercheurs, artistes et représentants d’institutions engagées pour la reconnaissance de cette histoire et la lutte contre les discriminations contemporaines qui en grande partie en découlent.
Un passé longtemps occulté
Pendant près de cinq siècles, les Rroms ont été réduits en esclavage dans les principautés roumaines de Moldavie et de Valachie. Propriété d’institutions religieuses, de nobles ou de l’État, ils étaient achetés, vendus, transmis comme héritage. Cet esclavage, aboli en 1856, reste aujourd’hui encore très largement méconnu du grand public. Or, comprendre cette histoire, c’est aussi comprendre les racines profondes de l’antitsiganisme, ce racisme spécifique qui continue d’exclure et de stigmatiser les Rroms non seulement en Roumanie ou en France, mais sur tout le continent.

De la mémoire à la reconnaissance
L’événement du 20 février, articulé autour de projections, d’une exposition et de tables rondes animées par la journaliste Rokhaya Diallo, vise à ouvrir un dialogue entre passé et présent. L’historien Petre Petcuț, auteur du livre « Les Rroms, les derniers esclaves de l’Europe », y présentera son travail sur ces cinq siècles d’asservissement suivis de quasiment deux siècles de silence, tandis que des représentants de la société civile comme Isabela Mihalache (ERGO Network) ou Saimir Mile (La Voix des Rroms) mettront en lumière les enjeux sociaux et politiques de la reconnaissance de ce pan de l’histoire européenne.
La démarche n’est pas seulement commémorative : elle concrétise une volonté de réconciliation et de justice symbolique, afin que les Rroms ne soient plus perçus à travers les préjugés hérités d’un passé esclavagiste, mais reconnus comme acteurs à part entière de la société européenne.
Pourquoi cette histoire nous concerne tous
Loin d’être seulement un vestige du passé, l’antitsiganisme demeure aujourd’hui une réalité tangible : expulsions, ségrégation, discours et actes de haine qui vont jusqu’à des assassinats comme celui d’Angela Rostas il y a deux ans dans la Haute-Savoie… Ces violences trouvent leurs racines dans une hiérarchisation historique de l’humanité, dans laquelle les Rroms furent relégués au plus bas de l’échelle sociale.Reconnaître l’esclavage des Rroms, c’est restaurer une vérité historique et démanteler les stéréotypes qui nourrissent encore leur exclusion. C’est aussi un pas vers une Europe plus consciente, plus juste, où la mémoire devient un outil d’émancipation collective.
Le 20 février 2026, nous serons invités à regarder l’histoire en face pour mieux comprendre le présent — et construire un avenir où la diversité ne sera plus source de stigmates, mais une richesse reconnue et célébrée.
Inscription non obligatoire mais conseillée, programme détaillé ci-dessous















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